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 MARIE FRANCE "chante JACQUES DUVALL" 25/11/2016 + 23 & 24/02/2017 Divan du Monde (Paris) : compte rendu

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GUIBERT FRANCOIS
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MessageSujet: MARIE FRANCE "chante JACQUES DUVALL" 25/11/2016 + 23 & 24/02/2017 Divan du Monde (Paris) : compte rendu   Ven 19 Aoû - 0:03




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« Compte rendu des concerts “MARIE FRANCE chante JACQUES DUVALL”

les 25 novembre 2016 + 23 & 24 février 2017 au Divan du Monde (Paris) »


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Marie France “chante Jacques Duvall”

— le vendredi 25 novembre 2016
au Divan du Monde
puis une chanson chez Madame Arthur

— les jeudi 23 et vendredi 24 février 2017
au Divan du Monde (Paris) :


Marie France fait les choses avec cœur et artisanat. Durant plusieurs semaines, cette Parisienne éternelle (vivant désormais à Sète) travaille chez elle les textes et l’interprétation de ses chansons. Elle sait qu’elle est attendue par ses fidèles et admirateurs.

Elle choisit avec soin quels titres elle interprétera devant son public francilien fétiche, et dans quel ordre. À ses côtés au quotidien, une féline spectatrice, chanceuse et privilégiée : sa chihuahuatte Lili.

Le retour scénique de Marie France à Paris, la ville qu’elle symbolise à jamais, se fait en deux volets. D’abord un concert en tête d’affiche pour les 10 ans du label Freaksville, accompagnée par le pianiste belge Christophe Cerri.

Puis un autre concert trois mois plus tard, toujours en duo piano & voix avec ce même musicien. Pour fêter une expo sur l’esprit rebelle 1969/1989 franco-français de France. Elle en est l’emblème via le visuel géant “Je ne me quitterai jamais” (1982) conçu par Pierre & Gilles, en devanture de la Maison Rouge à la Bastille (1).

Pour chacune de ces deux prestations, elle met à l’honneur les titres de son 33 tours “Marie France chante Jacques Duvall” (2016). Marie France peut être fière de l’éclatante réussite artistique de cet album piano & voix (plus quelques autres instruments de-ci de-là). Les musiques et arrangements, joués et conçus par Chris Cerri et Benjamin Schoos, sont impeccables.

Ce disque est un chef-d’œuvre, et la pierre angulaire du catalogue Freaksville. Il restitue exactement ce qu’est Marie France comme chanteuse, artiste, ainsi qu’en tant que femme. On peut aussi le considérer comme étant le plus beau témoignage d’amour entre une chanteuse et son auteur fétiche n°1 depuis quarante ans.

Monsieur Duvall connaît Marie France sur le bout des ongles, depuis le 45 tours “Déréglée”/“Daisy” (1977, avec Jay Alanski à leurs côtés). Il devine pile poil et sait les tourments intimes, bonheurs, fêlures, joies que Marie France a connus tout au long de sa vie (amoureuse mais pas seulement). De sa période jouvencelle (années 1960 & 1970) à la mégatop Fujiyama Mama rock roll d’enfer qu’elle est devenue depuis les 80s.

Il retranscrit à sa manière ces sentiments et émotions à travers ses textes pour ces chansons. Elle les interprète à merveille, avec sa touche vocale chaude, glamour, attractive, chaleureuse. Sur disque comme lors de ses deux concerts au Divan du Monde.

En 2016/2017, elle reste au top de son attractivité scénique. Par sa voix, sa présence, sa prestance, la féminité maximale qui émane d’elle en permanence. Elle est tour à tour langoureuse, joueuse, mélancolique, mutine dans son chant, en connivence avec son public.

Hormis le rappel a cappella “On se voit se voir”, le premier concert est entièrement consacré à l’œuvre textuelle de Duvall mise en musique : “Ménage à trois”, “J’veux cet homme”, “Marcello”, “Bleu”, “Un garçon qui pleure”, “À mort l’amour”.

Elle interprète “Le cercle rouge” au milieu du spectacle avec un clavier sonorisé trop fort à ce moment-là. Lors du rappel, elle tient à le rechanter. Afin d’en faire pour le public une version dont elle soit satisfaite.

“Boulevard des rêves brisés” devient ici volontairement “Boulevard des cœurs brisés”. Avant le rappel, elle chante deux autres titres jamais présentés en scène auparavant : “Quand j’embrasse un salaud” et “C’est Paris”.

Le second concert (23 février) retrace son parcours artistique et musical, depuis “On se voit se voir” (1976) jusqu’à l’album de 2016. Sur dix-sept titres, douze ont des paroles signées Duvall, dont “Ménage à trois”, “Marcello”, “Un garçon qui pleure”, “Bleu”, “Champs-Élysées”, “Quand j’embrasse un salaud”.

Le rock’n’roll “Chez moi à Paris” (Jean-William Thoury/Dynamite Yan de Bijou) et le punky “Déréglée” sont joués au piano par Chris Cerri sur un tempo rapide et enjoué. Tout comme le latino funk pop “Je ne me quitterai jamais”. Les refrains de ces trois chansons sont joyeusement repris en chœur par plusieurs spectateurs. Ce qui ravit Marie France.

“The Flame”, titre en anglais signé Marc Almond, nécessite une attention soutenue pour entrer pleinement dedans en tant que spectateur.

Une salutation est faite à son ami Daniel Darc via “Las, dans le ciel…”. Un texte qu’il avait écrit pour Marie France sur une musique de Yan Péchin (pour l’album paru en 1997). Elle n’a pas chanté ce morceau depuis son concert “Par amour” le 15 mai 2010 au Mac/Val de Vitry (94).

“Le cercle rouge” est chanté devant celle qui en a composé la musique : la chanteuse Amina, installée au pied de la scène.

Le 25 novembre, le public écoute avec attention le chant de Marie France et les paroles de monsieur Duvall. C’est aussi le cas le 23 février. Sauf que ce soir-là, chose énervante : à un mètre de la scène et de l’artiste, quelques personnes parlent, rient régulièrement entre elles, de façon exubérante. Sur cinq ou six titres. Devant la chanteuse en train de chanter. Même si ce n’est pas dans l’intention de saborder le spectacle.

Quand on va à un concert, c’est pour écouter les chansons et la musique, voir le groupe ou l'artiste les interpréter. Pas pour sortir des blagues ou parler en plein pendant les morceaux.

Comme si ces propos étaient tellement importants (alors qu'en fait, ils sont sans intérêt) que ça ne pouvait pas attendre la fin du concert. Ça perturbe l'écoute des spectateurs alentour et, sans aucun doute, ceux qui sont sur scène, même s’ils ne le montrent pas. Ce n'est respectueux pour personne.

Bonus du 25 novembre : “Elle est folle”, paroles et musique de Frédéric Botton (abum “Raretés”, 2006). Titre interprété 100 % live, en fin de soirée chez Madame Arthur, avec la Troupe de même nom. Une équipe d’artistes très pro, dans le bon sens du terme : sérieuse, enthousiaste, passionnée, qui renouvelle chaque semaine son spectacle. Au piano ce soir-là : Charly Voodoo, au doigté précis et alerte.

La scène est en forme de bonbonnière, et un lieu symbolique pour Marie France. Là où se sont produites deux femmes qui comptent beaucoup pour elle : Coccinelle (1) et Bambi. Cette dernière, présente le 25 novembre dans le public, est l’une des vraies amies de cœur de Marie France depuis plusieurs décennies.

Parmi les spectateurs, il y a plusieurs personnes proches de Marie France : Yan Péchin, Fifi Chachnil, Paquita Paquin, Pierre & Gilles (présents aux deux concerts), Jean-William Thoury (le 25) et bien d’autres.

Le 25 novembre, il y a Alain Chamfort venu uniquement en spectateur. Très discret, il assistera à l’intégralité du concert de Marie France (et celui de Phantom Featuring Jacques Duvall en première partie). Adossé au mur près de la porte d’entrée de chez Madame Arthur, il la verra chanter “Elle est folle”.

C’est important de mentionner sa présence. Car Chamfort est lui aussi un interprète majeur longue durée (2) de Duvall. Il vient le voir ce soir ainsi que Marie France en ami sincère et authentique.

Le vendredi 24 février, a lieu une soirée “French Parade”. Bon nombre de participants viennent pour le blind test années 1980 animé par le DJ habituel de ces soirées. Auparavant, sur la scène du Divan, la Troupe de Madame Arthur présente un spectacle de quarante-cinq minutes.

Durant ce show, Marie France chante trois titres, dont deux écrits spécialement pour elle par Frédéric Botton (toujours sur l’album “Raretés”). Un privilège pour les spectateurs présents, dont certains n’ont peut-être pas forcément conscience. Marie France est dans sa robe lamée, moulante et scintillante, avec de multiples mains noires en guise de motifs.

En guise d’accompagnement musical, l’accordéoniste L’Oiseau Joli (membre de la troupe), très bon et enthousiaste, est à ses côtés.

D’abord, “Elle est folle”, où les autres membres font les chœurs : « Elle est folle ! Elle aime l’alcool ! Elle est folle, vraiment complètement folle, d’aimer autant l’alcool ! » Puis “L’amour avec des gants” en duo avec Monsieur K (maître loyal scénique des lieux).

Enfin, une reprise d’Edith Piaf, “A quoi ça sert l’amour” (que Marie France fait en version pop dansante avec Marc Almond sur le CD “Raretés”). Elle la chante en duo avec Patach’Touille (de la Troupe).

L’album et les concerts “Marie France chante Jacques Duvall”, ce sont de grandes chansons parfaitement interprétées vocalement. C’est Marie France au-delà de l’imagerie officielle (“égérie des nuits parisiennes des années 1970/1980”, etc.).

« J’ai l’impression que je passe au travers des modes et du temps. Un peu comme un ange que je risque de ne pas être. Je me suis toujours sentie hors du temps. Je peux passer d’une femme à l’autre, prendre mille visages. Mais je suis sûre d’une chose : c’est qu’au fond de moi, je suis toujours la même. »
(© Marie France dans le livret de la réédition CD 2000 de “39 de fièvre”).

François Guibert
(5 mai 2017)

(1) : jusqu’au 21 mai au 10 boulevard de la Bastoche, 75012, où se déroule l’expo “L’esprit français, contre-cultures 1969/1989 ”. Il y a plusieurs documents relatifs à Marie France : l’affiche de son concert “39 de fièvre” du 4 juin 1981 au Palace, les photos “L’engrenage” et “Le purgatoire” de Pierre & Gilles, etc.

(2) : depuis le single “Paradis” (1981). Mais surtout à partir du 33 tours “Tendres fièvres” (1986), vrai premier album captivant d’Alain Chamfort. Avec cinq formidables textes signés Duvall.

(3) : « Celle qui a illuminé mon enfance : la grande Coccinelle. »
(© Marie France, 6 novembre 2015, sur sa page Facebook)



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